Qui est Advizeo by Hager, l’acteur français du smart building ?
Un immeuble chauffé tout le week-end alors que personne n’y met les pieds. Une climatisation qui tourne dans des étages vides. Des couloirs et des parkings éclairés en pleine nuit. Vous voyez le tableau ?
Ce gaspillage discret n’a rien d’anecdotique. Les bâtiments tertiaires représentent environ 15 % de la consommation d’énergie finale en France. Et une partie de ces kilowattheures part en fumée sans que personne ne s’en aperçoive, faute de chiffres pour le repérer.
C’est sur ce terrain que travaille Advizeo. Une entreprise française qui s’attaque à un chantier bien concret : faire baisser la consommation des immeubles tertiaires déjà en service, sans attendre une rénovation lourde. Qui se cache derrière ce nom ? Et que change le smart building au quotidien pour ceux qui gèrent ces immeubles ?
Une entreprise parisienne entrée dans un grand groupe de l’électricité
Advizeo naît en 2015, à Paris. Son point de départ tient en une phrase : un bâtiment qu’on mesure mal est un bâtiment qu’on pilote mal.
Son métier consiste à réunir trois briques. Une plateforme de gestion énergétique qui rassemble toutes les données de consommation. Des capteurs et des compteurs posés dans les bâtiments qui en manquent. Et des experts de l’énergie qui accompagnent les équipes sur le terrain.
En octobre 2024, l’entreprise rejoint Hager Group. Ce groupe familial franco-allemand, bien connu des électriciens pour ses tableaux électriques, cherchait à renforcer sa présence dans les bâtiments tertiaires de taille moyenne. Advizeo garde son nom et y ajoute deux mots : « by Hager ».
Quelques repères pour mesurer le chemin parcouru :
- plus de 80 millions de m² suivis, dans la santé, le commerce, l’immobilier de bureaux, l’industrie ou les collectivités ;
- plus de 16 TWh d’énergie gérés ;
- environ 120 collaborateurs.
80 millions de m², c’est un peu plus des trois quarts de la superficie de Paris intra-muros. Ça fait beaucoup de radiateurs à surveiller !
Smart building : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le terme sonne un peu science-fiction, la réalité est plus terre à terre. Un immeuble « intelligent », c’est d’abord un immeuble qui sait ce qu’il consomme. Où, quand, et pour quel usage.
Encore faut-il savoir où part l’énergie. Dans un immeuble tertiaire, la répartition moyenne ressemble à ceci :
- chauffage : 46 %, de loin le premier poste ;
- usages spécifiques de l’électricité (éclairage, informatique, équipements) : 27 % ;
- refroidissement et climatisation : 9 %.
Chauffer un immeuble vide la nuit ou climatiser des étages inoccupés, ce sont donc des kilowattheures qui pèsent vite sur la facture.
Pour y arriver, il faut des données. Elles viennent des factures, des compteurs communicants, des capteurs de température ou de présence. Et de la GTB, la gestion technique du bâtiment : le système qui commande le chauffage, la ventilation et l’éclairage.
Une fois réunies, ces informations racontent une histoire. Une chaudière qui redémarre chaque nuit, une consommation qui grimpe de mois en mois sans raison apparente ou un immeuble qui consomme deux fois plus que son voisin, pour le même usage.
Mais un tableau de bord ne fait pas baisser la facture tout seul. Il faut quelqu’un pour lire les courbes et décider quoi faire. C’est le rôle de l’Energy Manager, le gestionnaire de l’énergie. Il repère les pistes d’économies, planifie les actions avec les équipes techniques, puis vérifie qu’elles tiennent dans le temps.
Cette approche permet d’aller chercher plus de 15 % d’économies d’énergie sans travaux, avec un retour sur investissement souvent inférieur à deux ans. Pas mal, pour un immeuble dont on n’a pas touché un seul mur !
Décret tertiaire : 2030, c’est demain
Si le sujet devient pressant, la réglementation y est pour beaucoup. Le dispositif Éco Énergie Tertiaire, plus connu sous le nom de décret tertiaire (décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019), concerne les bâtiments à usage tertiaire de 1 000 m² et plus. Immeubles de bureaux, centres commerciaux, hôpitaux, écoles : public comme privé, la plupart des grands immeubles tertiaires sont concernés.
L’objectif ? Réduire la consommation d’énergie finale par rapport à une année de référence, qui ne peut pas être antérieure à 2010 :
- -40 % en 2030 ;
- -50 % en 2040 ;
- -60 % en 2050.
Chaque année, propriétaires et locataires doivent déclarer leurs consommations sur OPERAT, la plateforme de l’ADEME, avant le 30 septembre.
2030, c’est dans un peu plus de trois ans. Votre parc immobilier est-il sur la bonne trajectoire ? Sans données fiables, impossible de répondre. Et difficile de choisir les bonnes actions.
Mesurer, comprendre, agir
Le smart building n’a rien d’un gadget. Pour un gestionnaire d’immeubles, un directeur immobilier ou un responsable technique, c’est surtout une façon de reprendre la main sur une dépense qui lui échappait. Chaque kilowattheure évité, c’est aussi un peu moins d’exposition aux hausses de prix de l’énergie. Et une meilleure préparation aux échéances du décret tertiaire, avec des chiffres plutôt que des estimations.
L’histoire d’Advizeo by Hager le montre bien : la technologie seule ne suffit pas. Ce sont les données, bien lues et suivies dans la durée, qui finissent par faire la différence sur la facture. Et cette différence peut se voir dès les premiers mois.





