Le compostage permet de réduire vos déchets ménagers de 30% tout en produisant un engrais naturel gratuit pour vos plantes. Concrètement, il suffit d’un coin de jardin, d’un bac adapté et de quelques règles simples pour transformer épluchures, feuilles mortes et marc de café en un terreau riche et fertile. Personnellement, j’ai démarré mon premier compost il y a six ans avec un simple tas au fond du jardin, et aujourd’hui je ne pourrais plus m’en passer. Je vais vous montrer comment vous lancer sans prise de tête.
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Sommaire
- Pourquoi se mettre au compostage ?
- Choisir le bon système de compostage
- Quels déchets mettre dans son compost ?
- Les étapes pour réussir son compost
- Résoudre les problèmes courants
- Utiliser son compost au jardin
- FAQ
Pourquoi se mettre au compostage ?
Un geste écologique et économique à la fois

Quand j’ai commencé à composter, c’était surtout pour réduire le volume de ma poubelle. Je ne m’attendais pas à tous les autres bénéfices qui allaient suivre. Aujourd’hui, je produis environ 50 kg de compost par an, ce qui représente une économie d’au moins 100 euros en terreau et engrais. Et ma poubelle de cuisine se remplit deux fois moins vite qu’avant.
Le compostage reproduit un processus naturel : la décomposition de la matière organique par des micro-organismes, des vers et des insectes. Dans la nature, les feuilles tombent, se décomposent et nourrissent le sol. Chez vous, vous accélérez simplement ce cycle en réunissant les bonnes conditions. Ce truc est magique quand on y pense : vos déchets deviennent de la nourriture pour vos plantes.
D’un point de vue environnemental, composter évite que vos déchets organiques finissent en décharge où ils produisent du méthane, un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2. En compostant, vous transformez un problème en solution. Les collectivités l’ont bien compris : depuis janvier 2024, le tri des biodéchets est devenu obligatoire en France.
Au jardin, le compost améliore la structure du sol, favorise la rétention d’eau et nourrit les plantes de façon progressive. Contrairement aux engrais chimiques qui donnent un coup de boost temporaire, le compost libère ses nutriments lentement et durablement. Vos plantes sont en meilleure santé, plus résistantes aux maladies et aux parasites.
Choisir le bon système de compostage
Plusieurs options selon votre situation
Le choix du composteur dépend de l’espace dont vous disposez, de la quantité de déchets que vous produisez et du temps que vous voulez y consacrer. Pas d’inquiétude, il existe une solution pour chaque situation.
| Type de composteur | Espace nécessaire | Capacité | Prix moyen | Temps de compostage | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|---|
| Tas à l’air libre | Grande | Illimitée | Gratuit | 6-12 mois | Grands jardins |
| Bac en bois | Moyenne | 400-800 L | 50-150 € | 4-8 mois | Jardins moyens |
| Bac en plastique | Petite | 300-600 L | 30-80 € | 4-6 mois | Petits jardins |
| Composteur rotatif | Petite | 100-200 L | 80-200 € | 2-3 mois | Petits espaces |
| Lombricomposteur | Très petite | 20-50 L | 60-150 € | 2-3 mois | Appartements |
| Bokashi | Très petite | 15-20 L | 50-100 € | 2 semaines + maturation | Appartements |
Le tas à l’air libre reste la méthode la plus simple si vous avez de l’espace. Comme je l’ai fait pendant des années, vous empilez simplement les déchets dans un coin du jardin et vous laissez faire la nature. L’inconvénient, c’est que le processus est plus lent et moins contrôlé, et ça peut attirer les animaux si vous n’y faites pas attention.
Le bac en bois offre un bon compromis entre esthétique et efficacité. Il se fond dans le décor du jardin, maintient une bonne aération et garde la chaleur nécessaire à la décomposition. Vous pouvez facilement en fabriquer un vous-même avec des palettes de récupération.
Le composteur en plastique convient aux petits jardins. Souvent proposé gratuitement ou à prix réduit par les collectivités, il prend peu de place et accélère le compostage grâce à son effet de serre. Son seul défaut : il peut surchauffer en plein soleil et nécessite une surveillance plus régulière.
Pour ceux qui vivent en appartement, le lombricomposteur représente la solution idéale. Des vers de terre spéciaux (les vers Eisenia) digèrent vos déchets de cuisine et produisent un compost de grande qualité. Contrairement aux idées reçues, un lombricomposteur bien géré ne dégage aucune odeur et peut vivre dans une cuisine ou sur un balcon.
Quels déchets mettre dans son compost ?
L’équilibre entre matières vertes et brunes
La réussite d’un compost repose sur un principe simple : équilibrer les matières azotées (vertes et humides) et les matières carbonées (brunes et sèches). L’idéal se situe autour de deux tiers de matières brunes pour un tiers de matières vertes. Cet équilibre garantit une décomposition rapide et sans mauvaises odeurs.
Les matières vertes apportent l’azote nécessaire aux micro-organismes :
- Épluchures de fruits et légumes
- Marc de café et sachets de thé (sans agrafe)
- Tontes de gazon fraîches
- Mauvaises herbes non montées en graines
- Fleurs fanées et plantes d’intérieur
Les matières brunes fournissent le carbone et structurent le compost :
- Feuilles mortes
- Branches broyées et brindilles
- Carton non imprimé et rouleaux de papier toilette
- Paille et foin
- Sciure et copeaux de bois non traité
Certains déchets méritent une attention particulière. Les agrumes peuvent aller au compost, mais en quantité modérée car leur acidité ralentit la décomposition. Les coquilles d’œufs apportent du calcium mais mettent longtemps à se décomposer : écrasez-les finement avant de les ajouter. Le pain dur attire les rongeurs s’il est ajouté en surface, enfouissez-le au cœur du tas.
En revanche, certains déchets n’ont rien à faire dans un compost domestique. Les viandes, poissons et produits laitiers attirent les nuisibles et dégagent des odeurs nauséabondes. Les plantes malades risquent de contaminer votre futur compost. Les litières d’animaux carnivores peuvent contenir des pathogènes dangereux. Les végétaux traités chimiquement pollueraient votre compost.
Les étapes pour réussir son compost
Une recette simple mais précise
Démarrer un compost ne demande pas de compétences particulières, mais suivre quelques règles augmente considérablement vos chances de succès. Le plus dur est fait une fois que vous avez compris le principe de base.
Commencez par installer votre composteur sur un sol naturel, directement en contact avec la terre. Cette connexion permet aux vers et aux micro-organismes du sol de coloniser votre tas. Choisissez un endroit mi-ombragé : trop de soleil dessèche le compost, trop d’ombre le refroidit.
Pour le démarrage, créez une première couche de matières brunes d’environ 10 cm (branchages, feuilles mortes). Cette base assure le drainage et l’aération par le dessous. Ajoutez ensuite vos déchets au fur et à mesure, en alternant systématiquement couches vertes et couches brunes.
Le brassage reste l’opération la plus importante. Retournez votre compost toutes les 4 à 6 semaines avec une fourche ou un aérateur. Cette action apporte l’oxygène indispensable aux bactéries aérobies qui décomposent la matière. Un compost jamais brassé se transforme en masse compacte et malodorante.
L’humidité doit ressembler à celle d’une éponge essorée. Si votre compost est trop sec, arrosez-le légèrement. S’il est trop humide, ajoutez des matières brunes pour absorber l’excès d’eau. En été, un arrosage occasionnel peut s’avérer nécessaire. En hiver, couvrez le tas pour éviter qu’il ne se gorge d’eau de pluie.
La température constitue un bon indicateur de l’activité du compost. Un tas actif peut atteindre 50 à 70°C en son cœur, ce qui détruit les graines de mauvaises herbes et les agents pathogènes. Si votre compost reste froid, il manque probablement de matières azotées ou d’humidité.
Résoudre les problèmes courants
Des solutions simples aux difficultés classiques
Même avec les meilleures intentions, des problèmes peuvent survenir. Rien de bien compliqué à résoudre si vous identifiez la cause.
Le compost qui sent mauvais traduit généralement un excès d’humidité ou un manque d’oxygène. L’odeur d’ammoniaque signale trop de matières azotées. Dans les deux cas, ajoutez des matières brunes et brassez vigoureusement pour réintroduire de l’air. En quelques jours, l’odeur devrait disparaître.
Un compost envahi de moucherons indique souvent des déchets de cuisine laissés en surface. Ces petites mouches, appelées drosophiles, pondent sur les matières sucrées exposées. La solution : enterrez systématiquement vos apports sous une couche de matières brunes ou de compost mûr.
Si votre compost ne se décompose pas, plusieurs causes sont possibles. Le manque d’humidité ralentit considérablement le processus : arrosez et brassez. Le manque de matières azotées prive les micro-organismes de nourriture : ajoutez des tontes de gazon ou des épluchures. Des morceaux trop gros mettent longtemps à se décomposer : broyez ou coupez finement vos apports.
La présence de rongeurs autour du composteur provient souvent de déchets inappropriés (viande, pain) ou d’un tas mal entretenu. Retirez les éléments attractifs, brassez régulièrement et installez un grillage fin sous et autour du composteur si le problème persiste.
Les fourmis s’installent quand le compost est trop sec. Elles ne sont pas nuisibles en soi, mais leur présence indique un déséquilibre. Arrosez abondamment et brassez : elles partiront d’elles-mêmes chercher un habitat plus sec.
Utiliser son compost au jardin
Savoir reconnaître un compost mûr et bien l’utiliser
Un compost mûr se reconnaît à plusieurs signes. Sa couleur vire au brun foncé, presque noir. Son odeur rappelle celle de la forêt après la pluie, agréable et terreuse. Sa texture devient fine et friable, les déchets d’origine ne sont plus identifiables. Ce processus prend généralement entre 4 et 12 mois selon les conditions.
Avant utilisation, tamisez votre compost avec un grillage à mailles de 1 cm. Les éléments grossiers non décomposés retournent dans le composteur pour un nouveau cycle. Cette étape garantit un produit homogène, facile à épandre et à incorporer au sol.
Au potager, incorporez 2 à 4 kg de compost par m² avant les plantations de printemps. Griffez légèrement pour mélanger aux premiers centimètres de terre. Pour les cultures gourmandes comme les tomates ou les courges, vous pouvez en mettre davantage directement dans le trou de plantation.
Pour les arbres et arbustes, étalez une couche de 3 à 5 cm au pied des plants, sans toucher le tronc. Cette technique nourrit progressivement les racines tout en servant de paillage.
Sur la pelouse, épandez une fine couche de compost tamisé au printemps ou à l’automne. Ce terreautage améliore la structure du sol et stimule la croissance de l’herbe naturellement.
Pour vos plantes en pot, mélangez un tiers de compost avec deux tiers de terreau. Cette proportion assure un substrat riche mais suffisamment drainant. Renouvelez le surfaçage chaque année au printemps.
FAQ
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Dans des conditions optimales (bon équilibre, brassage régulier, humidité correcte), comptez 4 à 6 mois. Un compost négligé peut prendre jusqu’à un an. Le compostage en tas à l’air libre est généralement plus lent que le compostage en bac fermé.
Mon compost peut-il fonctionner en hiver ?
Oui, mais le processus ralentit considérablement quand les températures descendent sous 10°C. Les micro-organismes entrent en dormance sans mourir. Continuez d’alimenter votre composteur normalement, la décomposition reprendra au printemps. Un bac bien isolé ou placé contre un mur exposé sud conserve mieux sa chaleur.
Peut-on mettre les mauvaises herbes au compost ?
Oui, à condition qu’elles ne soient pas montées en graines. Les graines de mauvaises herbes survivent souvent au compostage domestique et ressurgissent là où vous épandez votre compost. Pour les plantes à rhizomes comme le chiendent ou le liseron, faites-les sécher complètement au soleil avant de les ajouter.
Le compost attire-t-il les rats ?
Un compost bien géré n’attire pas les rats. Ces rongeurs viennent chercher de la nourriture facile : viande, pain, restes de repas. En respectant la liste des déchets autorisés et en enterrant vos apports sous des matières brunes, vous n’aurez pas ce problème. Si des rats sont déjà présents dans votre quartier, optez pour un composteur fermé avec grillage de protection.
Quelle différence entre compost et terreau ?
Le compost est un amendement qui améliore la structure du sol et apporte des nutriments. Le terreau est un substrat de culture prêt à l’emploi, souvent composé de tourbe, de compost et de divers additifs. Vous pouvez utiliser votre compost pour fabriquer votre propre terreau en le mélangeant à de la terre de jardin et du sable.
Puis-je composter en appartement sans balcon ?
Oui, grâce au lombricomposteur ou au Bokashi. Ces systèmes compacts fonctionnent en intérieur sans dégager d’odeurs s’ils sont correctement entretenus. Le lombricomposteur produit du compost et du “thé de vers” (un engrais liquide). Le Bokashi fermente les déchets qu’il faut ensuite enterrer ou donner à quelqu’un qui a un jardin pour finir la décomposition.





